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19/11/2011

Petit rappel sur les orgues de « transition »

 

En France la révolution a brisé tout un élan culturel, et réduit quasiment à néant toute l'évolution d'une grande partie des arts au moins de 1790 à 1820 environ. Seuls les peintres, les écrivains et les architectes tireront leur épingle du jeu pour satisfaire à la grandeur de Napoléon pour ne citer que lui. La musique pour sa part, art éphémère s'il en est, n'intéresse pas ou peu les gouvernants qui n'ont de cesse de vouloir laisser une trace dans l'histoire. Les notes s'envolent inexorablement, ne pouvant se prévaloir d'un enregistrement qui pourrait laisser une trace quelconque. C'est dans ce conteste un peu mouvementé que malgré tout des facteurs d'orgues vont devoir s'imposer et le retour de la religion "catholique" en force, fera que les commandes d'orgues reprendront et on verra naître ce qu’on appelle les orgues de transition.
Afin de schématiser on peut dire que cette période va de 1791 (achèvement de l'orgue de la cathédrale de Poitiers par François-Henri Clicquot), jusque vers 1855 avec l'essor que connaîtra la facture d'orgues française avec les deux grands facteurs emblématiques que sont Aristide Cavaillé-Coll et Joseph Merklin. Ce repère dans le temps est bien sur une simplification, les choses sont loin d'être aussi tranchées. Les grands noms des facteurs de cette période, outre Daublaine et Callinet, étaient Nicolas Lété, Borme et Gazot, Prosper Moitessier, Antoine Suret et la dynastie des Callinet en Alsace, pour ne citer que les plus importants, et bien sur le jeune Aristide Cavaillé-Coll, son père Dominique, et son frère aîné Vincent ayant construit des orgues tout à fait dans cet esprit.


 Les orgues de cette période cherchent à aller vers d'autres horizons sonores, les jeux aigus tendent à disparaître (quarte, tierce, larigot…) les mixtures deviennent plus graves, les jeux de tailles intermédiaires ou étroites font leur apparition (dulciane, salicional, gambe….) et les jeux d'anches à anche libre sont largement utilisés (euphone, cor anglais, ophicléide…). Le récit expressif est systématiquement proposé. Ce changement n'est pas fait sans lien avec la musique de l'époque qui elle aussi, va vers d'autres styles et devient de plus en plus profane, y compris à l'église.